Des femmes dans les nuages de tags!

Les femmes ont toujours été effacées et sous-estimées dans le discours machiste prédominant. Et cela est encore plus vrai pour les femmes indigènes, afros, lesbiennes, migrantes, pauvres, travailleuses du sexe, de différentes religions, filles, jeunes, du troisième âge ou handicapées qui, avec beaucoup d’autres, ont vu leur droit à la parole écrasé et nié.

Comme le disait Virginia Woolf : « Je crois qu’il se passera encore beaucoup de temps avant qu’une femme puisse s’asseoir pour écrire un livre sans que ne surgisse un fantôme à assassiner, sans que n’apparaisse une falaise contre laquelle s’écraser ».

Le livre « A la mujer por la palabra » (À la femme pour la parole) de Yadira Calvo met en lumière des histoires de femmes qui ont transcendé leur temps grâce à leur courage pour exprimer leurs opinions et pour avoir réussi à les écrire : Charlotte Brönte (1815-1855) laissant de côté le manuscrit de Jane Eyre pour éplucher des pommes de terre; Jane Austen (1775-1817) cachant ses papiers chaque fois que quelqu’un entrait, par honte qu’on ne la voit écrire; Fanny Burney (1752-1840) brûlant tous ses originaux et se mettant à faire de la broderie pour se punir d’avoir osé écrire.

Oubliez la vaisselle… Toutes les femmes ont quelque chose à dire, toutes les femmes ont besoin de s’exprimer pour partager leurs apprentissages, pour évacuer leurs sentiments, pour se surpasser, pour faire de l’art, pour changer le monde. Ne vous taisez plus! Exprimez-vous sans honte et sans peur!

Pour faire un premier pas dans cette voie, nous vous invitons à transformer vos poésies, chansons préférées, lettres d’amour, textes académiques et tous les documents que vous souhaitez en des nuages de tags ou nuages d’étiquettes.

Que sont les nuages de tags?
Un « tag » est un mot descriptif utilisé pour catégoriser un contenu sur l’internet, que ce soit pour décrire une entrée de blogue, un article ou une photo. Un nuage de « tags » est un nuage de mots descriptifs dans lequel les mots de plus grande taille sont ceux qui sont les plus populaires sur un site web. Avec un nuage de tags, vous pouvez connaître en un clin d’œil le contenu d’un site, et comme chaque tag est un lien vers plus d’informations, cela facilite la navigation.

Il y a un certain nombre d’outils pour construire des nuages à partir des mots qui signifient quelque chose pour vous, des nuages personnels pour vous exprimer ou parlant de vos sujets d’intérêt dans votre langue.

Comment faire pour construire des nuages de tags?
Allez sur wordle.net. Copiez et collez une poésie ou des paroles de chansons ou un lien vers votre blogue. Construisez votre petit bout de ciel sans violence et partagez-le.

Si votre nuage de mots ne contient pas d'informations privées, vous pouvez le publier dans la galerie Wordle. (Attention, une fois enregistré dans la galerie, on ne peut plus l'en effacer). Vous pouvez l’imprimer ou le conserver en format numérique.

Comment partager votre nuage
Pour avoir une version en format numérique, il faut capturer l’image sur l’écran (il existe de nombreuses aides en ligne sur la façon de le faire selon le système que vous utilisez : Windows, Mac ou Linux) et le sauvegarder en format .jpg ou .gif. Vous pouvez l’envoyer par courrier électronique, l’ajouter à votre blogue, l’imprimer ou le publier sur des sites d’images comme Flickr. N’oubliez pas d’ajouter l’étiquette ou tag « réapproprie-toi la technologie » au moment de le publier.

Vous pouvez le charger vous-même sur notre site web en ouvrant votre compte de blogue, ou bien l’envoyer à info@techsansviolence.net et nous le publierons nous-mêmes. Il sera publié sous forme de carte postale que vous pourrez envoyer par courriel.

Nous savons que les mots ont un pouvoir immense, et encore plus si ce sont les nôtres. Exprimez-vous! Dévoilez vos pensées sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes! Inspirez-vous pour inspirer les autres.

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Travailleuses du sexe

Partout dans le monde, des femmes se sont regroupées afin d'améliorer leurs conditions de vie et de se faire reconnaître comme les interlocutrices valables qu'elles sont, de même que comme les expertes de l'activité génératrice de revenus qu'elles exercent. La plupart d'entre elles s'affirment comme des travailleuses du sexe.

Elles ont raison de le faire. Ce concept permet d'analyser la prostitution avec les outils de la sociologie, de la criminologie..., plutôt qu'avec les outils d'idéologies aussi féministes se croient-elles. Il met de l'avant la dimension économique des activités dont il est question.

Le mot prostituée assigne aussi à une identité. T'es une pute quand tu te lèves, une pute quand tu manges, une pute quand on t'agresse, t'es "rien" qu'une pute tout le temps.

C'est aussi un mot chargé d'injures. Pas besoin de vendre des services sexuels pour être traitée de pute. Toutes les femmes peuvent être vues comme étant des putes, mais pour pouvoir dire qu'on est une travailleuse du sexe, il faut vendre des services sexuels.

Par ailleurs, de quoi parle-t-on quand on parle de prostitution? On voit tout de suite une femme qui vend des baises et des pipes. Le travail du sexe est un concept qui permet d'inclure toutes les formes de travail du sexe : actrice de films pornos, danseuse nue, travailleuse dans un sex-shop, un peep-show, dans le cybersexe, etc.

Employer ce terme, ce n'est pas promouvoir la prostitution ou encore l'exploitation des femmes, pas plus que la traite des femmes. Parler de travail ne cautionne pas l'esclavage non plus, ni le travail des enfants et ainsi de suite.

Un bon texte de Claire Thiboutot sur la question :
Lutte des travailleuses du sexe : perspectives féministes.
http://www.chezstella.org/stella/?q=node/181

Attention aux mots qu'on emploie

Dire "travailleuses du sexe", c'est cautionner cette injustice faite aux femmes. C'est dire que c'est un métier possible pour les femmes d'être un objet sexuel pour les hommes qui font passer leur frustration pour un besoin...
Personne ne travaille "du sexe". Le sexe de ces femmes est utilisé, elles, elles sont niées en tant qu'être humain.
Alors, attention aux mots, ils sont parfois destructeurs...