Darfour - Liberté pour les femmes du camp de Farchana!
En juin 2008, des filles et des jeunes femmes du Darfour (Soudan) qui travaillaient à l'extérieur du camp de réfugié-es de Farchana ont été torturées et violées à leur retour au camp. Les hommes avaient décidé de faire un exemple afin de restaurer la "moralité". En réponse, un groupe de femmes ont rédigé un manifeste, une action particulièrement courageuse parce que les hommes du camp pourraient bien les tuer en retour. L'une d'entre elles parle de chaque point du manifeste dans cette vidéo tournée par des membres des Physicians for Human Rights.
Dans les camps, les femmes ont perdu toutes les libertés qu'elles avaient au Soudan. À Farchana, elles n'ont aucune liberté d'expression. Leurs voix ne sont pas prises au sérieux, y compris lors des réunions avec des ONG humanitaires. Seuls les hommes sont entendus et ce, même s'ils sont minoritaires (80% des personnes réfugiées sont des femmes et des enfants).
Elles n'ont pas le droit d'avoir un emploi rémunéré, qu'elles soient monoparentales ou pas. Elles sont chargées de toutes les responsabilités familiales, leurs maris n'assumant aucune tâche. Elles sont également chargées de tous les travaux pénibles tels qu'aller chercher du bois, de l'eau et du fourrage pour le bétail - toutes des tâches très dangereuses; quand elles sont violées, elles sont blâmées - et construire des abris. Toutes les tâches qui engendrent des souffrances physiques sont leur responsabilité. Et quand leur mari a plusieurs épouses, toutes ne sont pas traitées également.
Elles ne peuvent pas gérer leurs propres biens, ni visiter des voisin-es, leur famille ou leurs amies. En aucun cas, elles ne peuvent sortir sans avoir demandé la permission à leur mari, sinon elle sont accusées d'être allées se prostituer. Les voyages leur sont aussi strictement interdits. Quand on leur permet de faire un voyage, elles doivent se débrouiller sans argent.
Quant aux filles, on les décourage d'aller à l'école, tandis que les mariages précoces et forcés sont encouragés. Si une fille devient enceinte, sa mère est tenue responsable, ce qui peut amener son mari à divorcer.
Les femmes sont dévalorisées, sauf quand elles donnent du plaisir sexuel. Les hommes veulent aussi beaucoup d'enfants (entendre par là des garçons) sans se préoccuper de leur éducation.
Les filles et les femmes n'ont aucun recours. Elles sont désespérées. Elles nous demandent de ne pas les oublier.
> darfuriwomen.phrblog.org - Darfur: Lives Destroyed - Amnesty Belgique : Soudan - Darfur Survival Campaign - Au carrefour de la douleur
